L’homme précaire est un invisible

 

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Sait-on seulement aujourd’hui ce qui distingue une vie ordinaire d’une vie précaire ? La précarité se distingue de la pauvreté en renvoyant à un état plus général. Elle désigne la très forte incertitude quant aux chances de conserver ou de récupérer une situation acceptable dans un avenir proche.

Aujourd’hui la précarité mutile la vie de milliers de personnes et déstructure le travail dans les laboratoires et les services.

On connaissait les misérables, les exclus ou les chômeurs. Depuis une décennie à peine, voilà qu’une figure inédite, celle de « l’homme précaire », est venue grossir les rangs de cette fantomatique armée de sans-voix, qui touche aussi bien les jeunes que les adultes surdiplômés.

Le paradoxe fondateur de la précarité tient à son « invisibilité », son statut social résidant dans « l’inexistence ». Pourquoi ? Parce que ces « hommes » ne sont pas vraiment exclus. « Ils sont dépossédés d’eux-mêmes par la société qui les fabrique tout en les maintenant à flot, un pied dedans, un pied dehors. » Du coup, ces « exclus inclus » se voient soumis à un régime intenable : « Le précaire n’est pas l’homme détaché, capable d’organiser sa rage en contestation. » Espérant rejoindre au plus vite le camp des normaux, il reste « lié à la forme sociale qui tout à la fois le disqualifie et le fait être ».

Comble de la perversité, le précaire, par ses efforts constants pour donner le change et ainsi préserver le peu d’estime de soi qui lui reste, en vient à participer lui-même à sa propre invisibilité.

—-

Fermer les yeux sur la précarité, la maladie, la déchéance, l’exclusion, c’est pratiquer une politique de l’autruche qui se retournera immanquablement contre ceux qui l’auront cautionnée.  Citation de Noël Mamère.

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4 réponses à “L’homme précaire est un invisible”

  1. 5 05 2012
    le journal de personne (20:42:34) :

    Ma précarité

    Tout me pousse à intégrer le système marchand.
    J’ai beau dire que je ne suis pas une marchandise, je ne peux éviter ma désintégration…
    ma solitude… ma lassitude… ma finitude.

    http://www.lejournaldepersonne.com/2012/04/ma-precarite/

    Répondre

  2. 5 05 2012
    le journal de personne (20:43:22) :

    Ma précarité

    J’y arrive pas… j’y arrive plus… je ne sais même pas si j’ai le désir d’y arriver…
    à gagner ma vie, à nourrir ma famille, à rentabiliser ce que je suis…
    Ma plume n’est pas exportable… et la table de ma loi n’est pas rentable.
    Comment dire…. que je suis à bout… Comme tous ceux qui s’efforcent à joindre les deux bouts.
    Je subis comme on dit, le sort de toute ironie, le revers de toute fortune… Parce que nul n’a le droit de créer sans rien devoir en retour.
    C’est très étrange même le don de soi a un coût : la tête et les yeux.
    Tout me pousse à intégrer le système marchand.
    J’ai beau dire que je ne suis pas une marchandise, je ne peux éviter ma désintégration… ma solitude… ma lassitude… ma finitude.
    Suis-je le cordonnier le plus mal chaussé?
    Suis-je l’aide-soignant le plus mal soigné ?
    Suis-je l’artiste le plus triste ou le plus attristé ?
    Il paraît que nous le sommes tous et toutes… parce que le verbe être… est en crise. On ne gagne pas assez pour rembourser la dette… celle que nul n’a contractée.
    Qu’avons-nous à perdre ? T O U T
    Puisque l’existence est devenue une question de comptabilité … voire d’incompatibilité… Entre les moyens et les raisons de vivre.
    Tout à perdre… rien à y gagner.
    Quelques fleurs… quelques flirts entre grands esprits et puis RIEN.
    Rien ne suffit à combler le trou de notre sécu mentale et morale.
    Je ne vais pas me tirer une balle dans la tête… NON.
    Mais je vous demande de le faire… en cessant de m’encourager à faire ce que je fais: Exister

    Répondre

  3. 2 06 2015
    jessica (14:36:40) :

    bonjour , je sui sinterréssé pour diffuser une partie de votre texte, qui êtes vous et seriez vous interréssé, il s’agit d’une exposition sur la précarité….

    Répondre

  4. 18 06 2015
    stephanegodefroy (15:19:08) :

    Ce texte est libre de droit, vous pouvez l’utiliser à votre guise.

    Répondre

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